Fêtée le 29 août
Fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres – Servante des plus fragiles – Modèle d’humilité
Sainte Jeanne Jugan naît en 1792 à Cancale. Servante puis aide-soignante, elle se distingue par sa compassion et sa foi profonde.
En 1839, Jeanne recueille une vieille femme aveugle et infirme, abandonnée dans la rue. Elle la porte chez elle, lui donne son lit, et commence à mendier pour nourrir les plus pauvres.
Très vite, d’autres personnes âgées sans ressources se présentent. Jeanne les accueille toutes, avec un cœur immense.
Ce geste humble devient la source d’une œuvre mondiale : les Petites Sœurs des Pauvres.
Jeanne rassemble autour d’elle des jeunes femmes désireuses de servir les pauvres. Elles vivent dans la simplicité, la prière et la charité.
Leur mission : accueillir, soigner et accompagner les personnes âgées pauvres jusqu’à la fin de leur vie, gratuitement, avec tendresse.
Jeanne répète souvent :
« Les pauvres sont nos maîtres. »
Mal comprise par certains responsables, Jeanne est peu à peu écartée de la direction de l’œuvre qu’elle a fondée. Elle accepte cette injustice avec une humilité extraordinaire. Pendant plus de vingt ans, elle vit dans l’ombre, priant et formant les jeunes sœurs. Son influence spirituelle demeure immense. Elle meurt en 1879, à 86 ans, entourée des sœurs et des pauvres qu’elle a tant aimés.
Sainte Jeanne Jugan est représentée :
Du Ciel, Jeanne Jugan soulage encore les souffrances du prochain
Fin 1988, le docteur Edward Erwin Gatz, anesthésiste à l’hôpital d’Omaha, dans le Nebraska, va mal ; il souffre de troubles digestifs qui s’aggravent au point qu’il ne peut plus les ignorer. Surtout, des cloques étranges commencent d’apparaître sur ses mains. Ses confrères posent un diagnostic inquiétant : il s’agit d’un « symptôme paranéoplasique révélateur d’un cancer occulté » parvenu à un stade avancé puisqu’il métastase.
Pour Gatz, cette annonce est un coup de massue ; il sait qu’il s’agit d’un verdict de mort à brève échéance. Il n’a que cinquante et un ans et ne veut pas mourir. Une série d’examens découvrent la tumeur primaire dans la partie inférieure de l’œsophage. Le pronostic est mauvais et devient pis encore après l’ablation de la tumeur, car la biopsie révèle un adénocarcinome au stade 3 incurable. Il reste à Gatz entre six et treize mois à vivre, au prix des nombreuses souffrances dues aux traitements. Alors que le malade refuse radiothérapie et chimiothérapie, les jugeant inutilement pénibles, un ancien aumônier des Petites Sœurs des Pauvres remet à sa femme une prière de neuvaine pour la canonisation de la fondatrice de la congrégation, Jeanne Jugan. Les effets vont être sidérants.
Les raisons d'y croire
Curieusement, les Gatz ne font pas d’emblée le rapport entre cette guérison et la neuvaine à Jeanne Jugan. Il leur faut plusieurs années avant d’admettre qu’ils ont bénéficié d’un miracle. Comme Jeanne Jugan est la seule qu’ils aient priée, c’est à elle qu’il faut le créditer. S’ils savent que la guérison d’Edward pourrait être le miracle nécessaire à la canonisation de la religieuse bretonne, ils ignorent tout de la procédure et de la démarche à suivre pour signaler la grâce obtenue par son intermédiaire. On est alors en 2001, treize ans après les faits, que les Gatz ont jusque-là gardés pour eux.
Gênée de n’avoir rien dit, Jeanne Gatz, maintenant qu’elle prend conscience de l’aide reçue, demande au Ciel, si Dieu veut qu’elle révèle le miracle, de lui envoyer un signe en la mettant en relation avec des personnes susceptibles de l’aider à contacter les Petites Sœurs des Pauvres. Le lendemain, elle rencontre deux dames qui connaissent bien la congrégation, permettant aux Gatz de contacter la supérieure américaine et lui donner le dossier d’Edward, immédiatement transmis au Dicastère romain pour la cause des saints. Le miracle, reconnu, conduit à la canonisation de Jeanne Jugan le 11 octobre 2009.
Auteur : Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.
